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ENSEMBLE POUR CROSNE

Blog de Christophe De Freitas, conseiller municipal de Crosne

Le système municipal de protection des biens et des personnes est-il efficace ?

Publié le 20 Septembre 2013 par Collectif sécurité in Diagnostic, Sécurité

Afin de respecter l'objectif de 20 % de logements sociaux posé par la loi, la municipalité a laissé prospérer de grands bailleurs sociaux du département à qui elle a délégué sa politique de peuplement. Ils ont profité de la demande de la Municipalité en place pour importer des quartiers ANRU en reconstruction, avec les familles qu'ils devaient reloger, les problématiques de délinquance de Corbeil-Essonnes, de Vitry-sur-Seine... créant un phénomène de délinquance endogène.

Le sentiment d'insécurité a donc augmenté au cours des dernières années, surtout dans le bas de Crosne mais aussi dans le parking du Franprix, avec l'émergence de groupes désœuvrés, souvent alcoolisés, favorisant les petits trafics. Les commerçants et leurs employés comme les riverains subissent, le soir, leurs nuisances et leurs tracasseries.

Heureusement, la municipalité vous affirme que Crosne, c'est mieux qu'ailleurs, comparant l'incomparable. Cependant, à la différence de Montgeron et de Yerres, elle ne pâtit pas des effets d'une gare de RER ou d'un lycée dont chacun sait qu'ils sont un facteur important de concentration de la délinquance (par le brassage des populations et par l'effet d'attraction qu'ils exercent).

Comme un pistolet à eau pour éteindre l'incendie, à grand renfort de communication, la Municipalité a promu son équipement de vidéo-protection, s’appuyant aujourd’hui sur un système radio pour 21 caméras.

Comme pour tout ce que fait la Ville, dont on identifie progressivement le gâchis des moyens, cet investissement lourd et onéreux (plus de 250 000 €), n'a pas fait l’objet d’une réflexion pertinente de la municipalité sur les possibilités d'investigations menées avec cette installation.

  • En effet, le système en place permet-il un réel traitement de la délinquance, notamment par sa conformité au décret de 2007 prévoyant un débit minimum de 12 images par seconde propre à relever et à poursuivre les infractions ?
  • L’exploitation de ce système prévoit-il une évolution beaucoup plus large et peut-il s’interfacer avec un monde de la sécurité extérieur dans une approche plus globale des questions de sécurité publique ?
  • Les antennes radio respectent-elles le décret d’émission/réception (paramétrage sur les bornes du mode DFS, sécurité de transmission de données respectées, etc.) ?Quand on connait la problématique des ondes émises en terme de santé publique (comme pour les relais de téléphones) mais aussi la confidentialité de tout système de vidéo-surveillance, ces questions sont cruciales.

Beaucoup d'interrogations dont la réponse est décevante et qui font de la vidéo-protection en place un placébo plutôt qu'un outil efficace…

Sur le plan humain, la gestion du système se fait sans vidéo-opérateur dédié. Cela signifie que personne n'observe les images en temps réel et que les agressions et faits délictuels ne sont pas traités par la police municipale, à moins d'un appel des victimes ou du commissariat suite à leurs plaintes ! Malgré ce système, personne ne peut vous porter secours si vous vous faites agresser !

Malheureusement, cet investissement reste inefficace et non adapté à une politique de prévention de la délinquance de la ville et ses évolutions.

Comment se satisfaire d'un système qui ne vise qu'à relever les plaques minéralogiques alors que les auteurs de braquage volent les véhicules avec lesquels ils commettent leurs méfaits et que la délinquance des pays de l'Est (cf. intervention du commissaire lors de la conférence sécurité organisée par la Ville) sillonnent la ville à pied ou à vélo. Pourquoi ne permet-il pas d'identifier les auteurs ?

Pour cette politique, comme pour d'autres, on ne peut que regretter la valse des chefs de police municipale au cours de la mandature qui a conduit à des errements dans la mise en place d'un projet de service adapté aux compétences réglementaires de tout Maire ?

Si les moyens développés depuis deux ans traduisent une prise en compte partielle de la problématique, cela n'a pas empêché, avant l'été, l'importante vague de cambriolage (+66 % des faits par rapport à l'année dernière) dont les Crosnois sont victimes.

La dotation récente de la Police Municipale d'un taser et d'un flash-ball sont-ils des équipements adaptés pour une police administrative ? Le Maire souhaite-t-il que la police municipale participe à des opérations de maintien de l'ordre ? Ces deux armes sont-elles utilisées pour lutter contre les cambriolages ou lors des contrôles routiers ? Que peuvent faire les SEPT agents de la police avec DEUX armes de cette nature ?

Aujourd'hui, quelles sont les mesures en matière de prévention de la délinquance mises en place par la Ville ?

En dehors d'un partenariat avec Val d'Yerres Prévention qui relève plus d'un malentendu de la Ville (l'association faisant de la prévention spécialisée et donc son public n'est pas forcément délinquant), la Ville ne répond pas au besoin de sécurité exprimé par les Crosnois.

Nous vous proposerons donc un projet de sécurité adapté aux méthodes déployées par la délinquance, permettant un traitement efficace des plaintes afin que la répression puisse s'exercer, le cas échéant, dans une réponse adaptée à l'expression des victimes. Il comprendra également un axe de prévention de la délinquance auquel toute police municipale aspire.

Le système municipal de protection des biens et des personnes est-il efficace ?
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