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ENSEMBLE POUR CROSNE

Blog de Christophe De Freitas, conseiller municipal de Crosne

Retour sur le conseil municipal du 13 avril 2016

Publié le 13 Avril 2016 par Christophe DE FREITAS in Conseil municipal

POINT 3.2 – Convention du Contrat Enfance et Jeunesse

Le document annexé présente de nombreuses incohérences que j’ai signalées lors de la commission.

1 - Aucune explication n’a pu être donnée sur les différences entre les taux de fréquentation retenu par la CAF et ceux mentionnés dans les fiches projet. Ces écarts auraient pu faire l’objet d’un débat sur le plein emploi des structures municipales mais en l’absence de bilan objectif, difficile de savoir si la gestion municipale est réellement efficiente.

2 - Nous avons également eu un débat sur le nombre de places de séjours pour les enfants et les jeunes, une augmentation étant annoncée alors que la convention dit que la ville dit que passera de 1701 places en 2014 à 925 places en 2015.

3 – Vous envisagez l’ouverture d’une structure pour les jeunes dont les conditions de fonctionnement et de financement ne sont pas claires. Elle n’apparait d’ailleurs pas dans le prévisionnel de la CAF, de là à penser qu’elle ne la finance pas ! De même, le personnel n’a pas été associé au projet alors que vous en parlez depuis l’été dernier. Je ne peux que m’interroger sur vos méthodes.

4 – Les objectifs pour la crèche familiale sont largement sur-estimés : 70 % de taux d’occupation annoncé alors que la réalité est bien moindre en l’absence de certains agents mais aussi compte tenu de la nature même de fonctionnement de ce type de structure.

5 – Le nombre de formations BAFA n’est pas suffisant pour assurer le turn-over prévisible des personnels d’animation, notamment sur la pause méridienne. Cela a conduit récemment à de fâcheux incidents avec l’intervention d’un agent qui n’avait pas l’ombre du début d’une compétence en matière d’animation.

Malgré le retard pris pour le montage de ce dossier, le temps n’a pas permis de nous présenter un dossier de qualité pour les structures éducatives. Je m’abstiendrai donc lors de ce vote.

POINT 4.1 – Aide à la formation du BAFA

Les échanges en commission avaient conduit à des amendements de la proposition initiale, notamment par l’intégration des activités d’intérêt général dans le nombre de jours de stage réalisé en contrepartie.

Déjà que la ville souhaitait que les jeunes fassent ce stage bénévolement, ils devront 36 heures d’activités en plus, sans aucun lien avec l’expérience nécessaire. Cela représente ainsi 135 heures minimum de travail pour 300 euros, soit 2,2 € de l’heure.

Je trouve honteux d’exploiter les jeunes crosnois à travers ces bourses aux projets. Quels sont les orientations de votre politique pour la jeunesse qui devrait conduire les jeunes à mobiliser des ressources dans la construction de leur projet personnel et/ou professionnel ?

Faire le copier – coller imparfait de ce qui existe à Yerres n’est pas satisfaisant pour les Crosnois. Des dispositifs sont actuellement promus par le gouvernement, comme le service civique. Ils permettent un engagement ou une implication dans la vie associative et municipale pour une indemnité et une couverture sociale respectables.

Vous proposez en contrepartie un TIG alors que seul un volontariat durable permet d’ancrer des compétences et le sens de l’altruisme utiles à notre jeunesse. Cette aide que vous nous proposez est une solution dégradante et dépassée et je ne voterai pas son adoption.

A cours de la séance, le Maire revient sur le vote et propose un amendement qui transforme l’emploi du terme « général » et « public ».

POINT 5-1 – Construction d’un city-stade dans le parc Anatole France.

Je suis tout à fait favorable à ce projet, même si l’implantation aussi près des habitations pourrait générer des troubles dont il convient dès maintenant d’anticiper la gestion pour assurer la tranquillité des riverains.

Des filets de sécurité semblent également à prévoir. Je suis aussi dubitatif sur le budget prévisionnel alors que les membres de la commission n’en ont eu aucune information.

Je suis inquiet sur la fiche technique jointe au dossier qui est d’une précision tellement diabolique qu’on pourrait penser qu’elle a été rédigée par le prestataire pressenti. En matière de marché public, cette pratique s’appelle un délit de favoritisme et j’émets de fortes réserves sur les détails de la fiche qui pourrait conduire un candidat évincé à remettre en question la sincérité de la consultation à venir et, pour la ville, sur la possibilité de bénéficier du tarif le plus compétitif.

POINT 5-3 – Demande d’aide au titre de la réserve parlementaire pour le projet d’aire de jeux dans le jardin médiéval

Les informations financières délivrées lors de la commission ne permettent pas de se faire une idée sur le coût total de l’investissement. Le projet présenté aux Crosnois lors de la fête médiévale prévoyait dans ses plans une aire de jeux et nous avons découvert en séance qu’il s’agissait d’une tranche conditionnelle, non financée.

Il était question d’abord question que cette opération de 200 000 € soit financée à 80 %. Il semble qu’elle tourne désormais autour de 267 000 € et qu’elle serait financée autour de 66 %. De la coupe aux lèvres, nous sommes loin des annonces initiales.

C’est plutôt inquiétant alors que les travaux du jardin ont commencé. Cela commence à faire cher pour la lubie de quelques-uns, sans même la garantie de régler le principal problème de ce site qui est, comme chacun sait, celui des fréquentations indésirables et des trafics qui y prennent place.

Comme pour l’ensemble des affaires présentées en rapport avec ce projet, je voterai donc contre.

POINT 6.4 – Approbation des statuts de la communauté d’agglomération

Je n’avais pas prévu de prendre la parole mais vos commentaires m’incitent à préciser certaines choses :

  • Vous parlez du val d’yerres et du val de seine comme des territoires pauvres. Je connais bien les villes du Val-de-Marne et certaines sont très pauvres. Pour les deux territoires que vous citez, je suis plus réservé.
  • J’entends votre volonté de faire la casque bleu entre deux conceptions de la gestion publique mais je le redis, je comprends tout à fait les crispations des habitants du val de seine qui, alors qu’ils ont été vertueux dans la gestion de la dette et des investissements découvrent qu’ils vont devoir supporter l’imprévoyance et la dette des maires du val d’yerres.
  • Enfin, concernant la défense des crosnois, je vous rappelle qu’ils vont subir un prélévement fiscal de près de 150 000 € au profit de l’agglomération, du fait de votre décision de diminuer de l’abattement à la base. Il conviendrait de voir comment cette nouvelle agglomération peut nous rendre cet argent, notamment en prenant à sa charge les deux gardiens de parc du fil vert qui la ville vient de recruter.

POINT 7.2 - Lancement d’une procédure de DSP concernant la restauration collective scolaire

Dans la présentation, les améliorations attendues d’une DSP pour la restauration scolaire tiennent de la liste qu’on fait chaque année, en décembre, pour le père Noël : les mêmes agents vont devenir plus efficaces, ils seront mieux payés, l’entreprise va rénover les restaurants, la nourriture sera meilleure, les règles d’hygiène mieux respectées et, bien évidemment, les tarifs vont diminuer parce que le privé, c’est bien connu, c’est plus efficace et moins cher que le service public.

Il est de notoriété publique que le privé n’accepte les DSP que pour faire plaisir aux usagers et que les entreprises privées ont le monopole de la formation du personnel, du respect des normes, des travaux d’aménagement des restaurants qui, par ce seul moyen, améliorent la qualité gustative des repas… Après renseignement, il s’avère toutefois que les personnels sont majoritairement contre.

Ce que je ne m’explique pas, c’est comment, avec les compétences en management des services et avec les moyens et la vision stratégique de l’équipe municipale, l’idée de se débarrasser de ce service est née ?

En commission, j’ai demandé si une étude avait été menée pour étudier le rapprochement avec des syndicats intercommunaux de restauration collective. A priori, l’équipe municipale n’a pas le dogme du service public et ne l’avait pas envisagé. C’est dommage alors que Monsieur le Maire nous vante régulièrement la qualité des agents qu’ils recrutent, malgré le fait qu’ils sont souvent moins chers que ceux qui partent… Il y avait pourtant une piste à exploiter.

Vous avez compris que je ne suis pas favorable à cette délégation car, en fait, il y a quelques années que je ne crois plus au père Noël. Je m’en excuse.

POINT 7.5 – Modification du tableau des emplois : suppression de l’emploi de directeur du patrimoine.

Dès 2014, cette affaire a fait l’objet de communication dans le Crosne info pour dénoncer le coût exorbitant de cet emploi et son utilité. Aujourd’hui, les motifs évoqués sont édifiants :

  • Sans remettre en question la qualité de travail de cet agent, la municipalité considère qu’elle ne peut le reclasser, aux portes de la retraite, dans un autre emploi car il n’en aurait pas les compétences. Elle ne lui offre comme seule perspective qu’un chômage qu’elle devra indemniser.
  • Sans envisager d’étoffer ses missions, elle organise l’activité qu’elle pourrait lui confier – qui est bien identifiée dans la note – pour qu’elle soit assumée par divers services.
  • Elle omet que cet agent a été directeur de la communication et directeur de cabinet avant d’être directeur du patrimoine. Il aurait pu occuper l’emploi de directeur de la communication récemment vacant mais cet emploi a fait l’objet d’un nouveau recrutement très rapidement et d’ailleurs, le DGS a indiqué en commission qu’il n’en avait pas les compétences.

A travers ce vote, c’est une décision politique que la majorité nous demande d’assumer. Celui de ses méthodes de management, celui des petits calculs politiciens aussi. Personnellement, je refuse d’accepter que la ville prenne le risque d’un contentieux au tribunal. La méthode est détestable et pourrait coûter au contribuable le double des économies espérées par la Ville.

Je crois au contraire nécessaire de rassembler les missions éparses sur le profil de poste de directeur du patrimoine et, ainsi, libérer les collègues de ces tâches pour qu’ils améliorent l’exercice de leurs propres missions. Dans deux ans, il sera possible d’adopter une nouvelle organisation.

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l'helgoualc'h 15/04/2016 09:41

Quelle rapidité, bravo